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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 21:12

LE FILS DE L’HOMME

 

 

 

 

Expression qui apparaît 14 fois dans la bouche de Jésus pour le seul Evangile de Marc. Les évangélistes, eux, parlent du Messie (Christ) de Kyrios (Seigneur) ou de Fils de Dieu.

Expression qui convient parfaitement au style de prédication de Jésus qui parlepar énigmes et paraboles, essayant ainsi de rapprocher petit à petit ses auditeurs du mystère.

 

Marc (II 27, 28) : « Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître même du sabbat. » Dans « le Fils de l’homme », l’homme se révèle comme il devrait être en réalité. A l’aune du «  Fils de l’homme », à l’aune de Jésus, l’homme est libre et sait faire un bon usage du sabbat en tant que jour de la liberté venant de Dieu et pour Dieu.

 

Matthieu (XXV 31, 46) : Dans la parabole du jugement dernier, le Fils de l’homme qui juge, s’identifie avec ceux qui ont faim et soif, avec les étrangers, avec ceux qui sont nus, malades ou prisonniers bref avec tous ceux qui souffrent dans le monde. En devenant homme, il a opéré cette identification jusqu’au détail le plus concret. Il est le prisonnier, l’accusé et il meurt nu sur la croix. Il y a une unité interne entre la croix et la gloire, entre l’existence terrestre dans l’humilité et le pouvoir de juger le monde.

 

Marc (II, 5) : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés », remettre les péchés est uniquement l’affaire de Dieu. « Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi » C’est précisément cette prétention divine qui mène à la Passion.

 

Marc (X, 45) : « Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Jésus s’identifie ici avec le Serviteur souffrant et mourant d’Isaïe. Dans la Passion et la mort, la vie du Fils de l’homme devient « existence pour » sauver la multitude. Par sa mort « pour la multitude », il franchit les limites de l’espace et du temps et l’universalité de sa mission s’accomplit.

 

Jésus a vécu en se basant sur la Loi et les Prophètes dans leur totalité. Jean exprimera cette idée dans son prologue : Jésus lui-même est « le Verbe ». « Toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. » (Paul 2 Co 1, 20).

 

Ce qui nous est donné dans l’expression énigmatique « Fils de l’homme » c’est l’originalité première de la figure de Jésus, de sa mission et de son être. Il vient de Dieu, il est Dieu. Mais en assumant la nature humaine, il apporte la véritable humanité.
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Mercredi 7 novembre 2007 3 07 /11 /Nov /2007 11:56

LA TRANSFIGURATION

 

 

Dédié à tous les amoureux de la montagne.

 

 

 

Les évènements majeurs de la vie de Jésus ont un rapport intrinsèque avec le calendrier des fêtes juives et la transfiguration de Jésus a un rapport avec la fête des tentes. Ce sont des évènements liturgiques dans lesquels la liturgie avec ses commémorations et ses attentes devient réalité, devient vie qui conduit à son tour à la liturgie et delà, aspire à redevenir vie.

 

 

 

Toutes les fêtes juives ont 3 dimensions : elles célèbrent la nature en parlant du créateur, elles sont souvenirs de l’agir de Dieu dans l’histoire et enfin elles sont fêtes de l’espérance du Seigneur qui vient.

 

 

 

La montagne est le lieu de la proximité de Dieu. Plusieurs montagnes ponctuent la vie de Jésus : la montagne de la tentation, celle de la grande prédication, la montagne de la prière, la montagne de la Transfiguration, celle de l’angoisse, celle de la crucifixion et enfin celle de l’Ascension. En arrière-plan celles de l’ancien testament : le mont Sinaï, l’Horeb, le mont Moriah et le mont du Temple.

 

La montagne est le lieu, non seulement d’ascension extérieure mais aussi d’élévation intérieure. La montagne comme libération du fardeau de la vie quotidienne, comme respiration de l’air pur de la création, la montagne du haut de laquelle on embrasse l’étendue de la création et sa beauté, la montagne qui me donne une élévation intérieure et qui me fait pressentir le créateur.

 

 

 

« Et il fut transfiguré devant eux ». La Transfiguration est un événement de prière. Ce qui devient visible , c’est ce qui se passe quand Jésus parle avec le Père, l’intime unité de son être avec Dieu, qui devient pure lumière.

 

« Apparus dans la gloire (Moïse et Elie), ils parlaient de son départ (exode de Jésus : sortie de Jésus hors de cette vie)… » Ils parlent de la Crois, traversée de la « mer rouge » de la Passion, passage vers la gloire.. Le sujet principal de La Loi et des Prophètes est « l’espérance d’Israël ». Avec le Transfiguré, Moïse et Elie parlent de ce qu’ils ont dit sur la terre, de la Passion de Jésus qui apporte le salut, qui, envahie par la gloire de Dieu devient lumière, liberté et joie.

 

« Tant était grande leur frayeur », ils furent saisis de la « crainte de Dieu » et ressentirent à quel point ils étaient pitoyables. Crainte mêlée de joie puisque Pierre veut pérenniser l’événement en dressant les tentes de la Révélation.

 

 

 

Les trois dimensions de toute fête juive : la création, l’histoire et l’espérance sont reliées entre elles. La fête des Tentes avec le sacrifice de l’eau implore la pluie, elle commémore la traversée du désert pour Israël au cours de laquelle les Juifs habitaient des tentes, ces tentes préfigurent aussi les tentes des Justes dans les siècles à venir.

 

Le prologue de Jean prend une autre dimension : « Le Verbe s’est fait chair, et il a habité (littéralement campé) parmi nous ». Grégoire de Nysse : « la fête des tentes a toujours été célébrée mais elle n’a pas été accomplie, le Véritable Constructeur de Tabernacles n’était pas encore là. »

 

« Celui-ci est mon Fils bien aimé. Ecoutez le. » La nuée sacrée, signe de la présence de Dieu, proclame solennellement Jésus comme Fils et enjoint immédiatement de l’écouter. Il était difficile aux Evangélistes  de dire plus clairement, plus énergiquement : Jésus EST la Torah elle même.

 

 

 

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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 22:22

LA CONFESSION DE FOI DE PIERRE

 

 

Le moment de la confession de foi de Pierre est déterminant car il s’agit du départ vers la croix et de l’appel à prendre la décision qui distinguera les disciples de ceux qui écoutent Jésus mais sans l’accompagner. La caractéristique de cette communauté est d’être « en chemin » avec Jésus : « Chemin faisant » Marc VIII,27

 

Luc IX, 18 « Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là… » propos contradictoires. En fait, il est permis aux disciples de voir Jésus comme celui qui parle face à face avec le Père, en toute familiarité. Il leur est permis de voir ce que les gens ne voient pas parce qu’ils ont une connaissance qui dépasse « l’opinion » que se font « les gens ».. Il existe une connaissance extérieure de Jésus à laquelle on oppose une connaissance plus profonde liée au fait d’être disciple, de suivre le chemin de Jésus en communion avec lui.

 

Les gens : Jésus est Jean le Baptiste, Elie ou un autre prophète. On sent vibrer une dimension eschatologique, l’attente d’un tournant. Ces opinions ne sont pas forcément fausses (Jésus est prophète) et en tous cas peuvent permettre de trouver le chemin de la vérité.

 

Aujourd’hui encore, les gens ont parfois fait connaissance du Christ mais ils ne l’ont pas rencontré dans ce qu’il a de spécifique et de tout à fait autre. Jésus, un individu parmi d’autres : Socrate, Bouddha et Confucius, un fondateur de religion à qui a été donné une expérience de Dieu. Mais c’est une expérience humaine, partielle et déterminée par le contexte spatial et temporel. Quelqu’un qui a cette opinion peut tout à fait aimer Jésus et même le choisir comme guide de sa vie mais c’est encore l’homme, l’individu sujet qui reste lui-même la mesure.

 

A « l’opinion des gens » s’oppose la foi des disciples : le Messie, le Messie de Dieu chez Luc, le Fils du Dieu vivant chez Matthieu, le Saint, le Saint de Dieu chez Jean. Aujourd’hui encore, les chrétiens ont besoin que le Seigneur leur enseigne que son chemin n’est pas celui du pouvoir et de la gloire terrestres mais celui de la Croix.

 

Tout au long de l’Evangile les disciples font l’expérience de Dieu : La pêche miraculeuse : « Kyrios (appellation de l’Ancien Testament qui remplace le nom imprononçable) Seigneur, éloigne toi de moi car je suis un homme pêcheur »                      Pierre marche sur les eaux : les disciples disent : « vraiment, tu es le fils de Dieu »                  St Jean après le discours sur le pain eucharistique rapporte les propos de Pierre : « Vers qui pourrions nous aller, tu as les paroles de la vie éternelle. Tu es le Saint, le Saint de Dieu. »

 

C’est sur ces expériences que se fonde la confession de foi de Pierre. Ce qui scandalisait chez Jésus n’était pas de l’ordre du messianisme politique mais le fait qu’il semble se placer sur un pied d’égalité avec le Dieu vivant et c’est cela que la foi strictement monothéiste des juifs ne pouvait admettre.

 

Les apôtres utilisaient les paroles de la promesse de l’ancienne alliance : Christ, Oint, Fils de Dieu…Cette confession ne trouvera sa pleine expression que lorsque Thomas touchant les plaies du Ressuscité dira « Mon Seigneur et mon Dieu » . L’Eglise tout au long de son histoire ne cessera d’aller en pèlerinage au cœur de cette parole qui ne devient intelligible que lorsqu’on touche les plaies du Ressuscité, alors elle devient pour nous mission.                                                                                                         
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Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 10:50

LE PASTEUR

 

 

Dédié aux curés mais aussi aux époux à cause d' un exemple choc dont le pape a le secret !

 

 

Le discours du bon pasteur commence par : « je suis la porte des brebis » (Jn X,7) Jésus fixe ici le critère pour les pasteurs de son troupeau après son ascension vers le Père. Si quelqu’un est un vrai pasteur, cela se manifeste par le fait qu’il passe par la porte qui est Jésus.

Jésus demande à Simon Pierre trois fois : « sois le berger de mes agneaux » Pour être intronisé dans la fonction pastorale, il doit entrer par la porte qui est Jésus. Cette façon d’être autorisé à entrer par la porte se retrouve dans la question trois fois répétée : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il y a d’abord la dimension toute personnelle de l’appel, son nom tout à fait personnel et , par son origine. Il est interrogé sur l ‘amour qui le fait devenir un avec Jésus. C’est par Jésus qu’il vient aux brebis. Il ne les prend pas comme son troupeau mais comme le troupeau de Jésus.

 

Toute la scène de l’investiture se termine par les mots de Jésus : « suis moi ». Cela comporte l’acceptation de la Croix, la disponibilité à donner sa vie.

 

 

 

Ensuite vient : « Je suis le Bon Pasteur »(Jn X ,11) On peut examiner 4 aspects de la charge de pasteur :

 

Le pasteur donne la vie en abondance. Les prés d’herbe fraîche, les bons pâturages, les prairies sont ce dont les brebis ont besoin. L’homme ,lui , vit de la vérité et du fait d’être aimé, d’être aimé par la vérité. Il a besoin de Dieu.

 

Par l’incarnation et la passion, « le vrai berger donne sa vie pour ses brebis » (Jn X, 11). Le Verbe est devenu chair et don « pour que le monde ait la vie ». La Croix n’est pas un acte de violence qui s’abattrait sur le pasteur de l’extérieur mais c’est le libre don de lui-même. « …Personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même… » (Jn X,17,18)

 

« Ses brebis, il les appelle chacune par son nom » et « je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Connaître et appartenir sont une seule et même chose : cette connaissance est une acceptation intérieure, une appartenance intérieure et non une  possession.

 

 

 

 Par exemple, les époux ne sont pas propriété l’un de l’autre mais ils appartiennent l’un à l’autre de façon beaucoup plus profonde en étant  libres créatures de Dieu.. Ils ne s’appartiennent pas en tant que propriété mais en tant que responsabilité. Ils s’appartiennent par le fait qu’ils acceptent la liberté de l’autre et qu’ils sont dans cette réciprocité à la fois libres et un pour l’éternité.

 

 

 

Pour l’idéologue et le dictateur, les hommes ne sont que des choses qu’il possède, pour le vrai pasteur, ils sont des êtres libres car orientés vers la vérité et l’amour.

 

L’unité : la promesse d’un seul pasteur et d’un seul troupeau coïncide avec l’ordre de mission du Ressuscité : « De toutes les nations, faites des disciples… » Au delà de toutes ses dispersions, l’humanité peut devenir une à partir du vrai pasteur, à partir du Logos qui se fit homme pour faire don de sa vie et pour donner ainsi la vie en abondance.

 

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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 22:19

LE PAIN

 

 

 

 

Moïse avait donné le pain du ciel, la manne. La promesse des promesses qui condensait tous les espoirs : la fin de toute misère, un don qui calmerait la faim pour tous et pour toujours.

Moïse n’aperçoit que le dos de Dieu car son visage, « personne ne peut le voir », seul celui qui est Dieu voit Dieu, donc Jésus, Jésus qui est la Parole qui vient de Dieu, à partir de la contemplation vivante et de l’union avec lui.

 

Outre son nom, Dieu a donné la Torah à Moïse : la Parole de Dieu indiquant le chemin et conduisant à la vie.. La pensée juive est arrivée à la conclusion que le vrai pain du ciel qui nourrissait et qui nourrit encore Israël est précisément la Loi. Mais la Torah nous montre, pour ainsi dire, seulement le dos de Dieu.

 

Jésus dit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim… » La Loi est devenue Personne. On ne peut gagner le pain du ciel par nos propres efforts, par le travail humain. Nous devons accepter le don dans la foi en Jésus qui est dialogue, relation vivante avec le Père.

 

Comment pouvons nous nous « nourrir » de Dieu ? Dieu devient du pain tout d’abord dans l’incarnation du Logos. Le Verbe s’est fait chair. Mais il faut aller au-delà de l’incarnation du Verbe. « Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie ». La théologie de l’incarnation et celle de la croix s’entremêlent et sont indissociables. L’incarnation du Verbe dont parle le prologue vise justement le don du Corps sur la Croix qui devient accessible pour nous dans le Sacrement.

 

Ici Dieu nous donne vraiment la manne que Dieu attendait, le véritable « pain venu du ciel ».

 

L’Eucharistie apparaît comme la grande et permanente rencontre de l’homme avec Dieu, dans laquelle le Seigneur se donne comme « chair » afin qu’en lui, et en participant à son chemin, nous puissions devenir « esprit ».

 

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